Bernard-Henri Libye mi-homme, mi-dieu

Qu’il est beau en Armani dans les ruines libyennes, mon BHL, avec ce vent révolutionnaire qui soulève sa mèche poivre et sel ! Il a cette classe que seuls ont les Bernard, lui et de La Villardière, en particulier. Bernard, il est chouette. Il a du pognon, est supérieurement intelligent, et pourrait se contenter de mener l’offensive contre Kadhafi depuis l’hôtel Raphaël ou du café de Flore. Et encore, bien gentil de s’en occuper. Mais BHL a pour mission ici-bas de répandre la paix dans le monde. Il n’hésite pas, bouge ses jolies fesses, risque son costard et va vérifier sur place. Il ne croit que ce qu’il voit. Il rencontre les insurgés, les écoute, inspecte les troupes et répare les canons (enfin je crois). Il prend des risques et surtout des notes !

Il faut lire son reportage, envoyé spécial à Misrata pour Paris Match. J’en ai frissonné : il était sur une barque qui tremblait sous les vagues agitées cette nuit-là. Brrrr. Et, j’hésite à le dire si crûment : il a dû connaître la faim. Oh ! il ne le dit pas comme ça, non, il fait dans l’elliptique, bien trop pudique.  « Il n’y a – et je vais m’en aviser très vite – quasiment rien à manger. » Pour le room service, faudra attendre. Il nous fait découvrir les ravages d’une guerre : cadavres, immeubles détruits, impacts de balles, peur. Je ne savais pas qu’une guerre, c’était si violent. Je me demande encore pourquoi on s’embête à payer des reporters et des photographes de guerre (horribles avec leur chemise à poches et qui en plus meurent ou se font enlever !), des ministres des Affaires étrangères, des ambassadeurs, des stratèges militaires. Aucun n’a son chic, ni surtout son efficacité. Il le déplore lui-même : « Je ne peux pas être partout ! » Alors la Syrie attend, l’Iran espère, le Yémen prie… Dépêche-toi mon Jean Moulin des sables, boucle la Libye au plus vite (de toute façon y’a plus de munitions) et cours Bernard, cours. Et en rentrant, passe un peu par la Belgique, ils n’y arrivent pas. Puis, rentre me faire l’amour comme ça, sans douche ni rien. Ton odeur d’Indiana encore sur la peau.

Photo : James Keogh / Wostok Press /MAXPPP

Publié dans Causette #15 – Juillet/Aout 2011

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