La grammaire d’un polar

Quand vous ouvrirez ce roman policier, vous entrerez facilement dans l’intrigue. A priori pas très compliquée. Elle se déroule en Islande, pays natal de l’auteur – neige et grands espaces, donc –, et tourne autour de trois personnages principaux dont deux aiment la sublime et très trouble Betty. On se doute qu’il y en a un de trop et que ça va mal se passer. Confirmé, ça se passe mal. Un polar bien écrit, mais pépère en quelque sorte. À tel point que vous ne tarderez guère à engager des paris sur le dénouement. Sûr de vous, vous taperez votre pipe dans la main, comme Maigret, mais c’est bien sûr ! Oui, mais page 126, il se passe un drôle de truc. Là, on tique. Ah ! étonnant, on ne s’attendait pas à ça. On continue. Pas longtemps. Page 130, cette fois, on tombe carrément de l’arbre ! Interloqué, on retourne en arrière, on relit. Aurait-on raté quelque chose ? Pas du tout. La force de ce livre, c’est le style, l’incroyable exercice de style qui nous cueille en plein vol. Après avoir tourné la dernière page, on revient à la première. Encore incrédule, on traque la faute, celle qu’on n’a pas dû voir, sinon on ne serait pas tombé dans le panneau. Eh bien non, zéro faute ! Chapeau !

Betty, d’Arnaldur Indridason. Poche Points, coll. Roman noir, 6,80 euros.

Publié dans Causette #35 – Mai 2013

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