Matez ma pudeur

Drôle d’oiseau niché en chacun de nous, la pudeur ne se commande pas. Elle est une digue psychique, un rempart entre l’autre et soi-même. Sentiment hybride coincé entre l’inné et l’acquis, elle est intégrée très tôt par habitude, mimétisme, fruit d’une transmission proche de celle du langage. D’un point de vue sémantique, il est difficile de la séparer de la honte, la bienséance, la réserve, l’honneur, la sexualité, la nudité. Le mot latin « pudor », qui est à l’origine du terme français, peut se traduire par « honte honnête », alors que dans les pays anglo-saxons, où il n’existe pas, la pudeur est évoquée par la « sexual modesty ». Elle est un garant de la bonne marche d’une société. La loi s’en est mêlée et la protège comme une espèce en voie de disparition. L’exhibitionnisme est sanctionné chez un individu alors que la société, elle, continue impunément à se donner en spectacle partout et dans tous les sens : Internet, pornographie, télé-réalité et déballage de vie privée à tous les étages, politiques compris. Toujours est-il que la pudeur demeure. Elle résiste à tout et se déplace subrepticement quand elle se sent en danger. Car une société sans pudeur ne peut exister et sans elle, un être humain deviendrait fou.
Petit tour dans les méandres facétieux de la pudeur.

Dossier réalisé avec : Ouafia KHENICHE, Margot LOIZILLON, Johanna LUYSSEN.

Publié dans Causette #12 – Janvier/Février 2011

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