Des hameçons dans le vagin, l’arme anti-viol ?

L’arme antiviol existe, et c’est un préservatif. Sans blague ?! Je vais enfin pouvoir mettre des mini-jupes, bouffer avec Émile Louis et boire comme un trou sans danger ? Trop belle, la vie ! J’en veux un placard. Mais… c’est bizarre, non, un préservatif antiviol ? Quand le violeur arrive, je lui demande de l’enfiler ? J’ai des doutes tout d’un coup. Je remets mon jean puis je lis attentivement le communiqué : le Rape-aXe (traduction littérale : hache de viol, brrr) est « un préservatif qui se présente comme un tampon que la femme s’introduit dans le vagin avant de sortir », explique Sonette Ehlers, doctoresse sud-africaine à qui l’on doit cette invention. Le principe est simple, c’est celui du hameçon : l’intérieur de la capote est tapissé de crochets en plastique qui se plient docilement lors de l’introduction de la verge, mais se redressent au moindre mouvement arrière. Au premier coup de rein, couic, tous les crochets harponnent le pénis prisonnier de ce condom. Seul un médecin pourra le retirer, et accessoirement appeler la police.

Récapitulons. Quand je sors le soir, tiens, je mets un tampon antiviol au cas où. J’ai eu du nez, car je me suis fait violer MAIS j’avais mon arme, bien planquée dans mes entrailles : et paf, un mec piégé ! Tu parles. Je me suis fait violer quand même et avec un peu de chance, mon agresseur sera enragé par la douleur intense : « Jusqu’au retrait du préservatif, l’homme ne peut plus ni marcher, ni uriner. » Manquerait plus qu’il m’étrangle ! Sonette Ehlers balaie cette crainte d’un revers de phrase : le risque existe pour tous les viols, mais là, le temps que le sang de l’homme remonte au cerveau, la victime peut déguerpir. De plus, il n’a rien à craindre quant à sa virilité : « Ça ne causera pas de séquelles permanentes au violeur, il aura simplement des petites cicatrices. Il devra sans doute expliquer à sa femme ou petite amie comment il s’est fait ces cicatrices », assure Sonette Ehlers.

Capote antiviol, le RapeaXe ? Non. Capote dissuasive ? Peut-être. Ça se passe en Afrique du Sud, pays où le nombre de viols est l’un des plus élevés au monde*. Mais ce serait escompter qu’un violeur pourrait tenir un raisonnement « normal ». Sonette Ehlers devait distribuer 40 000 préservatifs gratuits pendant la Coupe du monde : les résultats de l’opération ne sont pas connus à ce jour. Et toujours aucune réponse de sa part à notre demande d’entretien. En attendant, restons prudentes !

Publié dans Causette #10 – Septembre/Octobre 2010

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